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Soldats du Corps Expéditionnaire Français en Extrême Orient.

 
 
 
   
 

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Auteur:adrien Posté le:Mar 10 Juil - 12:02 (2018)1er Bataillon de parachutistes de Choc Nam Dinh 1947
Un  récit récupéré sur le Net


Nam DINH 1947- par le commandant Paul-Alain Léger ancien de la 1ere DBPC (origine du texte- un vieux DLP (prété par la section)
 4 janvier 1947,une heure du matin.(selon Erwan Bergot,dans "la Coloniale" l'opération s'est déroulée dans la nuit du 5 au 6) L'avion,un vénérable C47,certainement vétéran des opérations en Europe,s'élève lentement dans le crachin du ciel tonkinois. Les hélices,entraînées par les moteurs à plein régime,semblent découper de longs lambeaux dans la masse cotonneuse. Par la porte ouverte,le visage fouetté par le vent ,j'entrevois à la faveur de quelques éclaircies les rues et les boulevards d'Hanoï jalonnés par les lueurs fantomatiques des réverbères. Inconfortablement assis sur les banquettes de toile grise,boudinés par leurs équipements,les hommes de mon stick entonnent des chants paras dans lesquels il est vaguement question d'une certaine Suzon. Nous volons maintenant cap au sud-est vers la ville de Nam-Dinh ou la garnison composée d'un bataillon de coloniaux est encerclée depuis le 21 décembre par,dit-on,quelques huit mille viets. Retranchés dans les bâtiments de la cotonnière et du camp militaire,les hommes du commandant Daboval ont jusqu'à présent réussi à refouler tous les assauts.De nombreux civils,hommes,femmes et enfants français et vietnamiens se trouvent sous leur protection.Au milieu de la ville,une dizaine de soldats et un officier ainsi que d'autres civils sont enfermés dans les murs de la banque d'Indochine.Leur situation est d'autant plus grave qu'ils ne peuvent être ravitaillés ni en vivres ni en munition.Toutes les rues avoisinantes sont obstruées par les barricades solidement tenues par les VM. Les voies de communication,route et rail avec Hanoï et Haïphong sont coupées et le commandement français n'a pas les moyens suffisants pour monter une opération classique de dégagement. C'est la raison pour laquelle nous avons quitté la douce moiteur de la Cochinchine pour nous retrouver plongés,quelques heures plus tard,dans la froide humidité du delta tonkinois. Notre mission principale est,après le saut,d'établir une tête de pont sur le canal qui borde la ville à l'est afin de permettre le débarquement de deux compagnies de légionnaires,d'une antenne chirurgicale et de deux chars légers du 1er chasseurs. La zone de saut choisie est une bande de terrain marécageux s'étendant entre le canal et la voix ferrée. Les observateurs aériens nous ont assuré que la hauteur de l'eau ne dépassait pas quelques centimètres.Comme toujours,les moyens aériens mis à notre disposition sont réduits à la plus simple expression:neuf appareils C47 et JU52 pot transporter 350 paras et leur matériel dont celui de la section lourde que je commande.Je peste d'ailleurs à ce sujet contre la décision du commandement qui a jugé bon de remplacer au dernier moment mes lance-flammes par deux lance-roquettes. Le parachutage comporte trois phases distinctes: 1-largage d'une section et de deux officiers(Slt Edme et Slt Legendre)chargés du balisage de la zone. 2-une heure plus tard,largage de la compagnie Ducasse comportant quatre sections (Lt Depont,Lt Josse,Slt Hebert,Slt Farron) et ma propre section. 3-une heure plus tard,parachutage de la compagnie Charvet et du PC du colonel. Notre mission terminée en fin de journée,nous devons embarquer sur des chalands à fond plat de la marine et revenir à Hanoï ou 3-de l'Indochine à Dien Bien Phu-(la guerre d'Indochine). - blog-UNP.n... http://blog-unp.thionville.over-blog.fr/pages/3de_lIndochine_a_Dien_B... 2 sur 5 19/10/2011 11:45 notre présence est souhaitée. Le menton appuyé sur le sac de mon ventral,les yeux mi-clos,je tente de rassembler mes idées.C'est la première fois que j'utilise un parachute américain et ce pépin de secour ne me dit rien qui vaille.Le dorsal ne sera t-il pas assez fiable?Malgrès moi je regrette le bon vieux parachute britannique avec lequel j'ai fait mes classes et qui m'avait déposé sur les terres de France,de Hollande et du Laos.Je me sens oppressé.J'ai certainement dû trop serrer les sangles du harnais!C'est,du moins,ce dont j'essaye de me persuader.A l'extérieur,la lune s'est levée et sous l'avion l'échiquier des rizières scintille faiblement. Debout!Accrochez!Mon camarade,le Slt Bianqui,sourire éclatant sous ses moustaches brunes,me fait un clin d'oeil complice et me place à la porte. -J'ai l'impression que ça ne va pas être du gateau!Fais attention à tes fesses en arrivant en bas! Penché au dessus du vide,je sens brusquement se rétrécir mon estomac qui,transformé en une boule compacte,a une facheuse tendance à remonter vers mes lèvres.Du sol,de longues gerbes de traçantes montent vers l'avion.Au dernier moment,elles semblent s'incurver comme de grands reptiles agressifs.Quelques projectiles crépitent sur les tôles et le jeune aviateur qui se tient au fond de la carlingue parait de plus en plus nerveux.Les paupières embuées de larmes par le vent des hélices,je distingue malgré tout nettement les contours de la ville.Bianqui,l'index pointé vers le bas,m'indique que nous survolons la DZ sur laquelle ne brille aucun balisage.Que sont devenus Edme et Legendre?Par dessus mon épaule droite,j'entrevois les visages tendus de mes hommes en position de saut .Dans l'appareil qui nous suit se trouvent les gaines de nos mortiers de 81,des lance-roquettes et le reliquat des paras de mon commando.Comment va s'effestuer notre regroupement avec le comité de réception qui semble nous attendre?N'aurait-il pas été préférable de sauter à quelques kilomètres,sur une zone plus calme?Le n'ai,heureusement,guère le temps de réfléchir plus longuement à ces graves questions.Après un passage au dessus de la ville nous survolons à nouveau la zone de saut.Sans trop m'en rendre compte je dégage mon pistolet de sa gaine de cuir et le place sur ma poitrine,à l'intérieur de ma veste de saut.Dans les poches inférieures,je sens la présence rassurante de deux grenades FI. GO!C'est parti!Sensation fugitive de la courte chute libre,choc apprécié de l'ouverture du dorsal.Un bref coup d'oeil à la voilure!Tout va bien de ce côté.C'est déjà ça,car pour le reste on peut trouver mieux.Le claquement déchirant des balles a remplacé le bruit sécurisant des moteurs de l'avion dans lequel je me trouvais quelques secondes plus tôt.J'ai la désagréable impression de me déplacer pendu à un fil au milieu d'un essain de guêpes dangereuses.Ca n'est vraiment pas le moment de s'éterniser dans l'atmosphère.Le souffle court,je grimpe nerveusement le long d'un groupe de suspentes.La chute s'accélère.Le sol monte rapidement.Devant moi un groupe de paillotes entourées de bosquets sombres est illuminé par les lueurs sporadiques d'une arme automatique.Je me recroqueville de plus en plus et c'est dans la position du foetus que je prends contact avec la terre gorgée d'eau de la rizière.Le nez au raz de la diguette,je tente vainement de m'extraire du harnais de mon parachute.Les sangles humides serrées à l'extrème par le choc à l'ouverture s'incrustent dans la chair de mes épaules.Impossible de faire fonctionner les mousquetons d'accrochage.Autour de moi le cirque continue!A une trentaine de mètre d'altitude,un parachute dérive au-dessus de ma tête.Emporté par le vent latéral il s'affale sur le groupe de paillotes.Des hurlements de fureur et de détresse s'élèvent aussitôt dans la nuit.Je n'ose penser au sort du malheureux para! Des silhouettes sombres se découpent à une vingtaine de mètres.Elles se dirigent vers mon emplacement.Des vociférations en vietnamien ne me laissent aucun doute sur l'identité de mes visiteurs.Le canon de ma carabine définitivement coincée sous mon harnais me meurtrit le bas ventre.Fébrilement,je lance mes deux grenades.Explosions presque simultanées!Des éclats passent en vrombissant.Ma main droite gluante de bous plonge dans l'ouverture de ma veste et saisit maladroitement la crosse de mon pistolet.Plus rien ne bouge devant moi!Dans le vacarme des coups de feu il me semble entendre quelques gémissements.Mes FI ont dû faire des dégats!Je n'en suis d'ailleurs pas plus fier pour ça et ma situation ne m'apparait pas des plus enviables. -ne bougez pas,on arrive! Dans mon dos,la voix à l'accent rocailleux bien reconnaissable du sergent-chef Mas m'est plus agréable qu'une douce musique.Un soupir de soulagement gonfle ma poitrine!Je ne suis plus seul!Je me sens tiré vers l'arrière.Je comprends,qu'abrité derrière une diguette,il me hale vers lui en tirant la coupole de mon parachute.Le nez dans l'eau,je l'aide de mon mieux.Les parfums de la rizière ne sont pas très subtils et cependant je désirais m'y enfoncer plus profondément encore. Une dernière traction et me voila basculé de l'autre côté de la petite élévation de terre. -c'est vous,mon lieutenant! Je compemple avec ravissement le sourire qui éclaire le visage boueux de mon sous-officier. -merci,mon vieux,mais pour l'amour du ciel aidez-moi à me sortir de cette saloperie de pépin! Autour de nous la fusillade s'est intensifiée,car,au feu de l'adversaire répond paintenant celui des paras.Peu à peu,des hommes de ma section nous ont rejoints.Il s'agit de retrouver les mortiers et les bazookas.Me référant à l'axe de largage,je décide de commencer les recherches.Pourvu que ces fichues gaines ne se soient pas trop enfoncées dans l'eau dont l'épaisseur,nous nous en appercevons immédiatement ,dépasse par endroit le mètre.Quelques centimètres,avaient dit les aviateurs!Des armes automatiques viets balaient toujours le terrain de leurs longues rafales.Quelques projectiles de lance-grenades doivent arriver également,mais ils ne paraissent pas exploser à l'impact sur l'eau.Au croisement de deux diguettes,nopus rencontrons des hommes de la section Hebert dont l'un a trouvé une gaine de mortier. J'ai l'impression que des groupes viets s'insinuent parmis nous en profitant de l'obscurité.J'en ai confirmation en tombant,une cinquantaine de mètres plus loin,sur des hommes vêtus de noir tranquillement occupés à récupérer des obus de 81.De véritables combats singuliers s'engagent dans la nuit.Nous restons maitres du terrain mais,hélas,nous n'arrivons à récupérer que quelques obus.Mon radio n'a pas rejoint et je n'ai aucune nouvelle du déroulement de l'opération. Le brouillard est brusquement tombé sur la DZ.Il nous met ainsi à l'abrit des vues des tireurs viets.Le froid pénètre nos vêtements trempés et mes chaussures alourdies par la boue semblent peser des tonnes.Suivi de mes hommes,je me dirige tant bien que mal vers le point de regroupement ou doit se trouver le capitaine Ducasse.Malgrès des bains répétés,ma montre marche toujours et ses aiguilles indiquent six heures du matin.Une statue de boue noirâtre se dresse soudain devant moi!Je reconnais avec joie les lunettes posées sur le grand du Slt Rigot.Il est tombé dans une marre de buffles et se demande encore comment il a pu en sortir.Le PC du capitaine est à quelques pas,au coin d'une usine,la SOCUM.Je rends compte à mon commandant de compagnie de la perte des armes lourdes et demande s'il ne serait pas possible d'obtenir des coloniaux un lance roquettes et des munitions.Satisfaction m'est donnée quelques minutes plus tard.La situation n'est pas brillante.Nos pertes sont lourdes et faute de visibilité,la compagnie Charvet n'a pas sauté.Un groupe de parachutistes a été apperçu dérivant vers la ville et nous n'avons aucune nouvelle d'eux. 3-de l'Indochine à Dien Bien Phu-(la guerre d'Indochine). - blog-UNP.n... http://blog-unp.thionville.over-blog.fr/pages/3de_lIndochine_a_Dien_B... 3 sur 5 19/10/2011 11:45 La section Josse a essayé de percer en direction du cananl mais a été refoulée avec des pertes.Le jopur est maintenant levé.La fusillade s'est calmée et seuls quelques snippers viets réussissent un carton sur le groupe du Cdt du capitaine Ducasse.Un lieutenant de la garnison venu en liaison et un para s'effondrent abattus d'une balle dans la tête.La section Hebert nous rejoint,ramenant ses blessés et le corp du chef Bourrec également atteint par un tireur isolé. Les hommes harrassés s'allongent à l'abrit des talus.Les LCM de la marine ne sont plus trés éloignés car nous entendons distinctement les tirs nourris des armes de bord arrosant les rives ou sont embusqués les viets.Je reçois l'ordre d'occuper les bâtiments de la SOCUM et d'appuyer de mes feux les sections Josse et Farron qui repartent à l'assaut du débarcadère.J'installe ma section au premier étage de l'usine dans une immense salle encombrée de métiers à tisser.Par les larges baies dont les vitres jonchent le sol nous avons une vue assez large sur la zone s'étendant jusqu'au canal. J'apperçois les paras de Josse,progressant par bonds successifs,comme à la manoeuvre!Mes FM lachent de longues rafales sur les ouvertures des maisons et sur le blockhaus dans lequel sont retranchés des viets.Un hurlement de joie sulue le tir de Teste,mon tireur au bazooka.La fusée a pénétré droit dans l'embrasure et a explosé à l'intérieur.Avec la hausse 200 c'est vraiment un jolu coup! Soudainement,la salle résonne sous les impacts de projectiles ricochant sur l'acier des machines.Un homme,une balle dans la cuisse s'abat sur le sol,aussitôt secouru par des camarades.Les viets qui ont occupé les étages supérieurs des maisons situées sur notre gauche,nous tirent dans le dos.Nous nous précipitons à l'abri des métiers et du mur opposé.Un coup d'oeil prudent,immédiatement salué par le miaulement d'un projectile,me permet de voir les entassements de sacs de sable sur les rebords des fenêtres,de l'autre côté de la rue.Il nous sera impossible de bouger si nous ne réussissons pas à neutraliser les tireurs d'en face.Teste est prés de moi,une fusée engagée dans le tube de son arme.Je lui recommande de faire trés vite car j'imagine les canons des fusils viets pointés dans notre direction. Un coup de feu claque!derrière moi j'entends le bruit d'une chute.Le sergent chef Dufaure,voulant vraisemblablement observer le tir du lance-roquettes,a levé la tête au dessus du mur .Son cadavre gît,la tête éclatée par une 8mm.Le spectacle est insoutenable et dès cet instant je n'ignore pas qu'il me sera impossible d'obliger Teste à s'exposer.Ce dernier,le visage décomposé attend mes ordres.La peur au ventre,je lui arrache l'arme des mains et engage le tube sur le rebord de la fenêtre.Je suis incapable d'avaler le peu de salive qui me reste dans la bouche,l'arrière gorge d"finitivement obstruée.Au risque de me dégonfler,je comprends qu'il me faut ne pas réfléchir.Rapidement,je fais un quart de tour sur moi même tout en épaulant.En une fraction de seconde,mes doigts pressent la détente.Je sens le départ de la fusée dans le tube et me retrouve les fesses dans les gravats qui parsèment les dalles de la salle.Le gars d'en face a tiré également et sa balle a fait exploser le béton à quelques centimètres de mon visage.J'ai l'impression d'avoir un nez et des lèvres énormes.De l'autre côté l'explosion a soufflé l'intérieur de la pièce et un nuage de poussière s'élève au dessus des débtrs. Nous nous empressons de descendre au rez de chaussée ou je retrouve le Slt Graziani un vieux camarade d'Angleterre.Je dois encore être trés pâle car il m'offre une cigarette dont je savoure la fumée.Nous apprenons que les sections Josse et Farron ont atteint l'embarcadère et établi la tête de pont. Une détonation plus importante arrive jusqu'à nous.Un canon de 75 camouflé sur l'autre rive vient de tirer à bout portant sur un chaland de débarquement transportant un des deux chars .Des marins sont tués,le navire coule et des artificiers font sauter le char irrécupérable. Nos pertes augmentent d'heure en heure.Le corp atrocement brûlé du Lt Josse est ramené par deux de ses hommes,les larmes aux yeux.Notre malheureux camarade à sauté sur une mine près de l'embarcadère. 11 heures du matin!En compagnie de la section Hébert,nous occupons une grande villa dominant un terrain vague sur lequel gisent de nombreux cadavres viets.La section Farron est passée par là!Posté dans l'angle d'une fenêtre,j'observe les toits et les terrasses.A une centaine de mètres j'ai soudain l'impression d'appercevoir un bras qui s'élève au dessus d'un mur.Instinctivement ,j'épaule ma carabine prêt à faire feu à la prochaine apparition. Stupéfaction!Le bras s'élève à nouveau prolongé d'une main agitant un béret rouge.Hébert,venu me rejoindre contemple le phénomène,une grimace de doute au coin des lèvres.Ami ou ennemi?Une tête apparait lentement ;les cheveux sont du plus beau roux.Il s'agit probablement d'un para appartenant au groupe disparu depuis le saut!Il faut le sortir de là!Accompagné de quelques hommes,nous nous engageons dans la rue menant à la maison.Cette rue,je la reconnais bien!Le souvenir de la mort du chef Dufaure remonte en moi sur fond de claquements.En effet les viets nous ont repérés et nous le font savoir à leur façon!Le dos courbé,progressant d'arbre en arbre,je me retrouve à l'entrée d'une petite impasse.Un spectacle d'horreur m'y attend!Les pieds à quelques centimètres du sol;le corp d'un jeune para pend,encore ligoté dans son harnais,la coupole du parachute accrochée à la corne d'un toit.Une large tache sombre macule les pavés de l'impasse.Les viets se sont acharnés sur le malheureux qui n'a même pas pu se défendre. Nous atteignons enfin la maison sur laquelle se trouve vraisemblablement notre rouquin.Teste qui me suit comme mon ombre pousse soudain un cri!Une balle vient de lui tracer un sillon sanglant sur le cuir chevelu.Heureusement plus de peur que de mal! J'apperçois Hébert qui force l'ouverture d'une porte .Enjambant le rebord d'une fenêtre je me retrouve à l'intérieur du rez de chaussée.Les viets sont au dessus .Brusquement une explosion!Hébert vient de balancer une grenade dans la pièce mitoyenne.C'est une OF et j'ai le souffle coupé,les oreilles bourdonnantes!Les viets ont disparu en empruntant les trous ouverts dans tous les murs.Sur un petit balcon nous retrouvons notre homme.Le pauvre n'en mène pas large et on le comprend!D'une voix hachée il nous raconte son aventure:largué vers deux heures du matin,il a attéri sur la terrasse de la maison occupée par les viets.Ces derniers ne l'ont pas vu,trop affairés à massacrer ses camarades tombés dans les rues.J'ai l'impression qu'il se souviendra longtemps de l'opération. Poursuivant prudemment notre progression,nous arrivons à la rue Francis Garnier ou nous sommes rejoints par les éléments de la légion.Ils ont pour mission de dégager les militaires et les civils enfermés dans la banque d'Indochine.Nos paras ont atteint les limites de l'épuisement et nous recevons l'ordre de rester sur place.Curiosité de professionnels,Hébert et moi,décidons de suivre les légionnaires qui donnent l'assaut aux bâtiments de la SFAT,une usine de soieries,d'ou arrivent un feu nourri.Le combat est acharné.De nombreux hommes,sont touchés.Les brancardiers,des coloniaux,sont admirables.Il règne un vacarme épouvantable,rafales et explosions se succèdent.Le char survivant,embossé au bout de la rue,tire obus sur obus.Pour ma part,je suis tellement éreintée que je ne réalise plus très bien la situation et à ma grande frayeur,je me surprends au milieu de la chaussée. le.over-_a_Le morceau est vraiment trop dur!Presque tous les chefs de groupe de la légion sont hors de combat et les jeunes dont c'est peut être le premier combat flottent dangereusement.L'ordre de repli est donné. En position le long de la route qui relie la cotonnière à l'embarcadère,nous suivons des yeux la file de civils,hommes,femmes et enfants devant embarquer sur les bâtiments de la marine.Ce sera bientôt notre tour!J'ai une soif ardente,mon bidon ayant été percé par le projectile d'un tireur maladroit. Je rêve,les lèvres sèches,d'une bière bien fraiche.Le capitaine Ducasse,notre commandant de compagnie,tellement apprécié chez les paras pourtant assez porté à la contestation,attend les instructions prés du poste radio.J'observe son visage s'assombrir petit à petit lorsqu'il parcourt les lignes du message que vient de lui tendre l'opérateur.mauvaise nouvelle d'Hanoï!Une partie de notre effectif doit demeurer à NAM-DINH pour renforcer la garnison.Adieu la bière! Une heure plus tard,les énormes portes clôturant le mur d'enceinte de la cotonnière se referment sur notre passage.Nous ignorons à cet instant qu'elles ne s'ouvriront à nouveau que 70 jours plus tard lorsque les survivant effectueront le dernière sortie afin de tendre la main à une colonne blindée venant du nord. Pendant cette période,nous aurons,hélas,trop souvent l'occasion de faire le chemin menant au petit cimetière de la cotonnière pour accompagner un camarade dans son dernier voyage.
 Paul-Alain LEGER DLF juin

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